« Carnaval » de Alexandra Milly

Nouvelle érotique

Carnaval est une nouvelle érotique pour public averti. J’ai eu l’occasion de découvrir cette nouvelle via le site simplement. L’occasion de découvrir un genre que je lis très peu. Une nouvelle, c’est l’idéal pour découvrir un univers et un auteur. Voilà, comment je me suis laissée embarquée par l’idée de lire ce récit.

Une fête géante… Les regards se croisent derrière les masques, les peaux se frôlent, et au milieu des corps, elle invite un inconnu à la suivre.
Plaisir des sens et sens du plaisir, elle ne s’attend pas à ce qu’il l’offre à l’assemblée en échange de sa jouissance.

C’est un récit qui m’a beaucoup marqué, pour plusieurs raisons.

J’ai aimé la plume de l’auteure

La plume d’Alexandra Milly est fluide et poétique. J’ai aimé cette douceur des mots qui s’oppose à la violence des actes, presque sauvages. J’ai noté une citation sur laquelle je me suis tout particulièrement arrêtée :

Les plumes virevoltent, le velours est comme une caresse quand les regards se croisent.

C’est beau et doux. D’autres passages sont beaucoup plus explicites, mais pas moins réussis à mon avis. J’ai noté celui-là qui allie avec brio érotisme et délicatesse des mots :

Elle se penche, sa langue joue avec mon téton, ses lèvres se referment autour pendant qu’en bas, les miennes s’ouvrent.

L’intrigue est bien menée et le style est bon, mais…

Une éthique mise à mal

Certains passages m’ont semblé à la limite de l’éloge du viol. C’est perturbant et je me suis longtemps posé la question suite à ma lecture : est-ce qu’un auteur peut promouvoir de tels actes ? Ne doit-il pas rester libre pour faire de l’art ? Des questions auxquelles je n’ai pour le moment pas de réponse. Je vais continuer d’y penser. Cela dit, cela a un peu taché ma lecture du fait que ces actes ne répondent pas à mon éthique. Pour moi, il est important qu’un personne soit d’accord et accepte une pratique sexuelle avant qu’on la lui impose, même si au final elle y prend du plaisir. La fin et la solitude du personnage n’a fait qu’accentuer ce ressenti.

Conclusion

Un avis mitigé sur le fond, mais un coup de cœur sur la forme !

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Marie Tinet Écrit par :

Un commentaire

  1. Alexandra Milly
    janvier 14, 2018
    Reply

    Bonjour et merci pour ce retour !
    En ce qui concerne l’éloge du viol que tu évoques, j’ai voulu faire passer ce texte – selon le sens qu’on lui prête – comme un rêve ou un fantasme envisagé. C’est pour cette raison que mon héroïne se retrouve si brusquement seule à la fin et que tout le monde porte un masque.

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