« Solo tu » de Céline Jeanne

Roman – romance contemporaine 

Résumé 

Peut-on tout laisser derrière soi, tout mettre sous clé pour tenter d’avancer, un pas après l’autre, dans une nouvelle vie ? C’est ce qu’espérait Iria en s’installant à Paris. Mais le destin est facétieux. Un emploi qu’elle ne peut refuser la ramène à Barcelone, la ville de ses cauchemars, la ville de son seul et unique amour.

La peur la ronge tandis que son avion atterrit sur le sol espagnol. Et si elle croisait les fantômes de son passé ?

Rien n’est jamais simple, mais Iria va apprendre une chose : on ne peut fuir indéfiniment son passé, et parfois, pour vivre, il faut accepter d’ouvrir sa malle et de faire face aux monstres qu’elle contient.

Mon avis 

Même si j’ai des petits points que j’ai moins apprécié, j’ai adoré Solo tu, pour son intrigue et le style de l’auteur. Ce roman m’a donné envie de lire de nouveau Céline Jeanne, vraiment ! J’ai gardé un beau souvenir sensible.

L’intrigue

Avec Solo tu, on oscille entre présent et passé, rires et larmes, joies et épreuves. J’ai aimé les nuances de ce monde gris, avec ses lumières et ses zones d’ombres. Bien que le sujet soit dur, il est bien traité. La romance et l’amitié des M&M’s (il faut que vous les rencontrez, eux et le lapin !) apportent la douceur nécessaire au récit. Un bel équilibre.

L’intrigue est bien menée. La taille du roman est parfaite, l’auteur ne nous perd pas dans des passages longs. Bien au contraire même, dès le départ, on est embarqué dans l’histoire grâce à un fort dynamisme du style et des idées. On ne perd pas de temps et on ne s’ennuie pas un instant ! Les événements s’enchaînent sans pour autant qu’ils manquent des éléments transitoires. Tout est bien ficelé, jusqu’à la chute. Il m’a juste manqué une scène concernant la mère d’Iria… Je n’en dis pas plus au risque de spoiler ! N’hésitez pas à venir en discuter en commentaire si vous le souhaitez !

Le style

Dans l’ensemble, j’ai aimé le style de l’auteur, pour sa fluidité et l’émotion que ses mots dégagent. Les larmes me sont montées parfois aux yeux tant le sensible est présent entre les lignes. Il m’a était facile de vivre ce roman et l’héroïne (s’en est vraiment une !) se dévoile vraiment face aux lecteurs via une narration interne efficace ! 

Je ne sais pas si vous connaissez le principe du Show Don’t tell. L’idée est de montrer plutôt que de dire, un principe d’écriture que Céline Jeanne utilise. Oui, mais, pas parfaitement à mon sens. Je m’explique ! On retrouve beaucoup de scènes qui décrivent de la même manière les sentiments du personnages, ce qui a mon sens fait perdre en intensité ces moments. D’une manière générale, j’ai trouvé tout au long de ma lecture, des répétitions d’idées qui ont fait manquer de peu le coup de cœur sur ce roman qui reste très bon ! 

Il est clair que Céline Jeanne est une jeune auteur à suivre, elle nous promet encore de belles découvertes littéraires !

L’extrait

– Iris Martial ? appela une voix.

Mon cœur flancha et j’oubliai comment respirer.

Cette voix…

Mon passé venait de ressurgir.

Je levai lentement les yeux de peur de ce que j’allais trouver en face de moi, ou plutôt de qui j’allais trouver. Quand je tombai sur ce regard ambré, je sus que je ne m’étais pas trompée.

Guillem était debout devant moi, ma fiche à la main et lui aussi paraissait chercher comment on faisait pour respirer.

Un bras m’aida à me mettre debout.

– C’est elle, entendis-je à peine.

– Iria ? entendis-je parfaitement.

Le timbre de sa voix, ses inflexions catalanes quand il prononça mon prénom, mon vrai prénom, insufflèrent un premier souffle à mon cœur, puis un second.

Les mots de Nathalie me revinrent en mémoire.

« J’étais vivante et puis je suis morte.

– Non, tu n’es pas morte, c’est juste une partie de toi qui l’est.

– Je suis morte.

– Non, chérie, tu ne l’es pas. Tu vis, tu respires. Tu es vivante. Ça fait mal, vivre fait parfois mal, mais tu es vivante. Imagine une malle à l’intérieur de toi, tu y mets tout ce que tu veux oublier, et tu la fermes avec un cadenas.

– Je ne veux jamais l’ouvrir.

– Tu verras, il y a des choses que tu laisseras dedans et d’autres, peut-être, que tu voudras ressortir, des choses qui étaient agréables.

– Non, je suis morte. Cette part de moi doit rester morte.

– Tu verras ma chérie, tu verras…

La couleur dans Solo tú, par Céline Jeanne

Alors, alors ! J’ai donné un thème à l’auteur, Céline Jeanne, afin d’en savoir plus sur les couleurs et leurs symbolismes dans son roman. Voici sa réponse !

Ouh là, vaste sujet ! La première chose qui me vient à l’esprit est l’ambre des yeux de Guillem… J’aime beaucoup ce personnage et je voulais qu’il ait des yeux inoubliables, un peu éloignés des traditionnels yeux bleus qui, de toute façon, n’auraient pas convenu à son type espagnol. Le gris de ceux d’Iria est symbolique, il est à l’image de ce qu’elle est : une âme qui oscille constamment entre son passé sombre et son futur qu’elle voudrait plus clair. Et puis il y a Mincha et son noir bigorneau. Sa couleur n’est pas anodine, elle a une vraie signification dans le roman. « Solo tú » ne serait pas « Solo tú » sans lui ! Quand on me dit « couleurs dans Solo tú », je pense également à Barcelone et ses couleurs vives, éclatantes. La Sagrada Familia, les Casas de Gaudí, le parc Güell où Iria, Guillem et Arnau allaient jouer alors qu’ils n’étaient que des enfants… Je n’y avais pas réfléchi, mais les couleurs qui se sont imposées dans ce roman sont lourdes de sens finalement. Merci beaucoup pour cette question !

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Marie Tinet Écrit par :

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